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Maintenir l'équilibre de nos trois batteries d'énergie : corporelle, émotionnelle et mentale

Mis à jour : juin 29



« La physiologie humaine est un ensemble structuré et cohérent articulé autour de trois réservoirs d’énergie appelés batteries que nous devons soigneusement entretenir : le mental, l’émotionnel et le physique » Alain GOUDSMET .


Dans toutes les traditions, qu'elles soient sémitique, indo-européenne, chinoise... l'homme est considéré dans ses trois dimensions : corps, cœur et esprit.


Dans le prolongement de cette conception universelle de l’être humain, l’approche des trois quotients a été largement développée dans le monde du sport pour considérer la condition optimale de l’athlète de haut niveau. Il s’agit d’appréhender les ressources d’une personne comme étant structurées et articulées autour de trois réservoirs d’énergie ou batteries : le corporel, l’émotionnel et le mental.


Le « mental » représente nos capacités cognitives, de raisonnement, nos savoirs et savoirs faire. La tête détient la fonction de pilotage, elle assure par nos choix et leurs alignements à nos valeurs, une adaptation qui préservera au mieux notre sécurité et notre identité.

« L’émotionnel » représente ce que nous vivons à l’intérieur, nos affects, nos émotions et notre capacité à les réguler. C’est aussi l’espace de la relation. Il comprend notre capacité à reconnaître, comprendre et composer avec les émotions des autres et à construire des relations fonctionnelles avec notre environnement.

Le « corporel » représente les lois physiologiques, les capacités de résistance et de récupération, les capacités motrices etc… Ce sont aussi les capacités de perception de nous-même et du monde.

De plus en plus d’études démontrent l’infinie intelligence de notre corps (intelligence somatique) et sa place dans les processus cognitifs - la mémoire, l'apprentissage, la décision etc….


Nos trois quotients ou batteries sont mobilisés en permanence et s’ajustent aux changements de notre environnement en interagissant de façon simultanée et en interdépendance.


Le bon fonctionnement de nos trois batteries requiert de veiller au bon équilibre entre l’énergie dépensée et celle stockée. En effet, le principe vital de l’oscillation nous rappelle que chaque pic de tension doit être compensé par un creux équivalent de récupération. Pour nous maintenir en bonne santé et maintenir nos capacités en fonctionnement optimal, nous devons être vigilants à alterner les phases de tensions et de récupération.


L’accumulation des tensions et la baisse d’énergie sont révélées par des signaux d’alerte physiques, émotionnels ou mentaux. Lorsque les périodes de pression durent trop longtemps ou se répètent trop souvent sans temps de récupération suffisant et approprié, l’organisme entre peu à peu en carence d’énergie affectant les trois batteries.

Ces pressions se transforment en stress quand la personne se vit en incapacité de satisfaire ces sollicitations. Plus l’écart est grand entre les demandes dont je fais l’objet et les ressources dont je dispose, plus le stress est important.

L’organisme entre alors dans un cercle vicieux, le système d’adaptation du corps s’épuise et les conséquences du stress deviennent de plus en plus néfastes. La personne entre alors dans une phase de stress chronique appelé phase de résistance qui peut l’amener à l’épuisement.

Cette réponse de l’organisme aux stresseurs a été modélisée par Hans Seyle médecin québécois en 1925 par le concept de syndrome général d’adaptation. Face aux stimuli de l’environnement, l’organisme répond biologiquement afin de maintenir un état d’équilibre. Si les ressources de l’organisme sont suffisantes, l’adaptation au stresseur peut s’accomplir sans détérioration de la santé.


Bien entendu, la manière de réagir face aux facteurs de tension et stresseurs est propre à la personne, son histoire, son système de croyances, ses filtres de perception, son héritage génétique etc… et tout cela impacte tout ou partie du potentiel de ressources de ses batteries.


On sait que ces batteries répondent à une loi systémique et interactionnelle ; une stimulation positive de l’une d’entre elles aura une répercussion positive sur les deux autres.


Alors comment prévenir l’épuisement de nos ressources ? Comment les renforcer et restaurer leur énergie ?


1. Etre à l’écoute des signaux d’alerte


La première règle pour maintenir les ressources de nos quotients est d’être à l’écoute des signaux d’alerte qui se manifestent lorsque nous accumulons trop de tensions et que nous sollicitons trop fortement notre énergie.

· signaux corporels : tensions musculaires, oppressions, sueurs, troubles d’appétit ou digestifs, problèmes de peau, trouble du sommeil, maux de tête, fatigue, etc….

· signaux émotionnels : sensibilité et nervosité accrues, crises de larmes, de nerfs, angoisse, excitation, tristesse, mal être, isolement etc…

· signaux mentaux : perturbation de la concentration, augmentation des erreurs, difficultés d’initiatives, de prise de décisions etc…


Ces sonnettes d’alarme sont les messagers des déséquilibres de nos ressources face à ce que nous vivons. Si nous arrivons à les reconnaître et y répondre de façon ajustée alors la récupération pourra se faire et nous pourrons maintenir ou retrouver l’équilibre de nos quotients. Attention à la volonté trop forte qui nous fait tenir bien au-delà des limites de notre corps et peut nous amener au burn-out !

En effet, à force de tirer sur la corde, elle casse et c’est souvent le corps qui cède….


2. Favoriser des moments de récupération de nos batteries


Recharger régulièrement nos batteries permet de les conserver à un bon niveau de ressources et garantir efficacité et santé.


Nos trois mécanismes de récupération de base :

  • ­ Respecter nos besoins de sommeil

Le sommeil joue un rôle important à la fois dans la récupération physique, intellectuelle, psychique et émotionnelle. La moyenne pour un adulte est entre 7 et 8 heures mais elle varie d'un individu à l'autre et selon l’âge.

  • ­ Veiller à une alimentation équilibrée et de qualité

Pour maintenir un bon tonus physique et mental, il est important de répartir les apports nutritionnels sur la journée en privilégiant la qualité des aliments (non raffinés, biologiques). Privilégier un bon petit-déjeuner complet. Faire la part belle aux légumes, varier les aliments et ne pas sauter de repas.

  • ­ Pratiquer une activité physique régulière

Bouger, marcher quotidiennement, faire du sport régulièrement en adaptant nos pratiques à notre âge et à notre condition physique.

Le corps humain se renforce en se dépensant. Après un temps d’effort puis de récupération, on observe que la courbe de fatigue diminue, laissant un solde positif à l’organisme et de multiples bienfaits sur la santé.


Identifier et renforcer d'autres sources de récupération qui nous sont propres :


Notre façon de mobiliser nos quotients et de les ressourcer va être propre à chaque personne.

Chaque personne en fonction de son héritage génétique, de son éducation et de ses expériences de vie se construit en adaptation à son environnement et développe des traits de personnalité, des modes de fonctionnement préférentiels et va développer des appétences personnelles à telle ou telle activité.


Pour favoriser une bonne récupération, il est important de se connaître et d’identifier nos sources d’énergie et les entretenir, les développer.


  • ­ Développer des temps de détentes et de relaxation :

Il s’agit d’inclure dans notre quotidien des espaces de calme et de sérénité permettant la détente de nos trois quotients par la pratique des activités suivantes :

o Qi Gong, Tai Chi, Yoga

o Sophrologie, Relaxation, Méditation

o Pratique de la cohérence cardiaque, respiration profonde

o Massage

o Lecture

o Etc…

  • ­ Développer les émotions positives

Notre quotient émotionnel est à la fois le plus énergisant et le plus fragile. Le développement d’émotions positives augmente le bien-être physique et psychologique en venant stimuler la sécrétion de neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine et ocytocine).

Les émotions positives favorisent de meilleures capacités d’attention et d’adaptation à notre environnement et améliore le fonctionnement de notre physiologie et notamment des systèmes immunitaire et cardiovasculaire. Elles augmentent notre résilience.


o Cultiver des contacts sociaux harmonieux

Qualité du temps en famille, amitiés proches, activités sociales. Temps d’échanges et de partages.

Nous sommes des êtres de relation et nous avons besoin d’aimer et de nous sentir aimer. La présence et l’entretien de liens étroits harmonieux avec notre environnement renforce le sentiment de sécurité.

o Rire

o Se faire plaisir

o Célébrer nos succès, réussites

o Pratiquer la Sophrologie

o Etc…

Toutes ces pratiques et comportements contribuent au maintien et au développement de notre plasticité neuronale garante de nos capacités de résilience.


3. Agir quand les signaux d’alerte perdurent


Quand les signaux d’alerte perdurent, il est important de prendre du recul et d’identifier les stresseurs qui alimentent ces tensions.

Notre quotient mental et sa faculté à analyser la situation, à discerner nous sera très utile.


Il nous permettra selon les situations :

o d’ajuster nos exigences à nos moyens/ressources pour faire baisser la pression

o de prioriser nos activités

o de nous poser des questions pour ouvrir notre perception de la réalité et envisager ainsi d’autres perspectives (qu’est-ce-qui dépend de moi ? etc…), relativiser

o de réorienter des choix non écologiques ou en conflit avec nos valeurs

o etc….


Si la pression affecte le quotient émotionnel, il s’agira d’apprendre à réguler ses émotions (les accepter, les comprendre et les exprimer de façon ajustée). Dans le cas de conflit relationnel, il pourra s’agir également d’apprendre à réguler celles des autres.

Il est important de ne pas rester seul, pouvoir exprimer ses difficultés, son mal-être, trouver un réel soutien dans son entourage qui ne renforce pas la résistance (sois fort, tu peux le faire,…).

Si l’intensité des signaux continue malgré tout à se maintenir dans la durée, il s’agira de trouver de l’aide auprès d’un professionnel pour éviter d’atteindre l’effondrement des ressources.

Confrontée à ce type de situations, mon accompagnement prendra en compte la personne dans toutes ses dimensions physique, mentale et émotionnelle pour l’aider à restaurer ses ressources, l’accompagner dans la reconstruction d’un nouvel équilibre. La personne sera amenée à développer de nouvelles stratégies d’adaptation, de nouveaux comportements et réévaluer certains choix ou orientations de vie à partir d’une prise de conscience de soi, de ses besoins et d'un travail sur son système de croyances.


La personne sera amenée à mettre en place des temps de récupération efficients et une juste distanciation émotionnelle. Très souvent, il sera également nécessaire de travailler sur les dimensions organisationnelles et relationnelles : poser des limites, savoir dire non et réguler différemment les stresseurs.


Un tel accompagnement est un réel apprentissage où la personne cheminera vers une conscience plus large et plus fine d’elle-même. Il lui permettra d’activer ses propres capacités d’autorégulation et d’ajustement aux lois du vivant en alignant son existence à ses valeurs et au sens profond de sa vie.


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